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Huiles minérales


La présence d'huiles minérales dans certaines denrées alimentaires a attiré l’attention

au cours des dernières années. Les huiles minérales contiennent des hydrocarbures (mineral oil hydrocarbons ou MOH) qui se retrouvent dans divers aliments. Il y a deux groupes de MOH : la fraction saturée ou les MOSH (mineral oil saturated hydrocarbons) et la fraction aromatique ou les MOAH (mineral oil aromatic hydrocarbons). Il s'agit bien souvent de mélanges complexes aux caractéristiques très différentes.



Origine des huiles minérales

Les hydrocarbures d'huiles minérales (mineral oil hydrocarbons ou MOH) sont des composés chimiques qui proviennent essentiellement du pétrole brut, mais ils sont également produits par synthèse à partir du charbon, du gaz naturel et de la biomasse.

Il existe plusieurs voies possibles par lesquelles les MOH peuvent se retrouver dans les aliments : suite par exemple à une contamination environnementale ; via les lubrifiants des machines utilisées pour récolter (par ex. machines présentant des fuites) ; pour la production de denrées alimentaires, suite à une utilisation en tant qu’additifs alimentaires ou auxiliaires technologiques (par ex. dans les produits phytopharmaceutiques, en tant qu’agent d’enrobage, ou lors de la transformation de graines oléagineuses…) ; via les matériaux utilisés lors du procédé de transformation ou via des matériaux destinés à entrer en contact avec les denrées alimentaires (ex. jute, carton recyclé, encres d'impression…).




Avis de l’EFSA à propos des huiles minérales dans les aliments

En 2012, l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) a publié une étude sur les risques liés à la présence de MOH dans les aliments. Cette étude a mis en évidence que certains composants présents dans ces mélanges pouvaient potentiellement induire un risque pour la santé publique. Des éléments indiquent que la fraction saturée des hydrocarbures (MOSH) est susceptible de s'accumuler dans différents tissus et organes. Il s’est également avéré que la fraction aromatique des hydrocarbures (MOAH) pourrait être cancérigène et génotoxique.

En 2019, l’EFSA a publié une étude additionnelle sur les risques liés à la présence de MOAH dans les laits pour bébés (préparations de suite après 6 mois et préparations pour nourrissons avant 6 mois). Cette étude a montré qu’il y a un manque d’information sur la présence ou l’absence de composés aromatiques polycycliques de 3 à 7 cycles (3-7 CAP). Les composés aromatiques polycycliques sont un sous-groupe des hydrocarbures aromatiques dont la structure chimique est formée d’au moins 2 cycles (un cycle est une succession d’atomes de carbone et d’hydrogène formant une boucle fermée). La présence de MOAH dans ces aliments peut donc potentiellement représenter un risque pour la santé publique. La fraction MOAH ne devrait normalement pas être présente dans les préparations de suite et les préparations pour nourrissons.


Il subsiste cependant encore beaucoup d'incertitudes quant à la toxicité et au risque potentiel des MOSH et des MOAH. Différentes initiatives ont été prises tant au niveau européen que national pour éclaircir la situation.




Recommandation européenne sur le contrôle des MOH dans les denrées alimentaires et les matériaux de contact

Au niveau européen, il a été recommandé aux États membres de surveiller la présence d’huiles minérales (aussi bien des MOAH que des MOSH) dans les denrées alimentaires en 2017 et 2018 (Recommandation (UE) 2017/84 de la Commission du 16 janvier 2017 concernant la surveillance des hydrocarbures d'huiles minérales dans les denrées alimentaires et dans les matériaux et articles destinés à entrer en contact avec les denrées alimentaires). L’objectif était d’obtenir un meilleur aperçu de l’élimination de MOSH et de MOAH dans les denrées alimentaires et d’identifier les types de denrées alimentaires, via lesquels, les consommateurs sont plus exposés à ces huiles minérales. De ce point de vue, il est recommandé d'analyser notamment les denrées alimentaires suivantes : les graisses animales, le pain et les viennoiseries, les produits de boulangerie fine, les céréales pour petit-déjeuner, les confiseries (y compris le chocolat) et le cacao, la chair de poisson, les produits à base de poisson (poisson en conserve), les céréales pour l’alimentation humaine, les glaces et les desserts, les graines oléagineuses, les pâtes alimentaires, les produits dérivés de céréales, les légumineuses, les saucisses, les fruits à coque, les huiles végétales ainsi que les matériaux en contact avec les denrées alimentaires... Les résultats d’analyse devraient être rapportés à l’EFSA pour être étudiés en profondeur ; en date du 21 janvier 2021, le rapport final n’avait pas encore été publié. De plus en plus de données sont ainsi disponibles, d’autres denrées alimentaires ont été ajoutées à cette liste. Ceci a été le cas suite à l’avis de l’EFSA en 2019.

 

Pour faciliter l’implémentation de cette recommandation par les Etats membres un guide technique a été publié sur l’échantillonnage, l’analyse et le rapportage du monitoring des hydrocarbures d’huiles minérales dans les denrées alimentaires et dans les matériaux en contact.




Projet de recherche belge sur la migration des huiles minérales

Au niveau belge, le Laboratoire national de référence pour les matériaux de contact, à savoir Sciensano, a mené un projet de recherche scientifique sur la migration à partir d’emballages en carton, le projet « Minoil » (Mineral oil migration from cardboard food contact materials: Hazard identification and exposure assessment of the Belgian population). Les résultats d’analyse obtenus ont été rapportés à l’EFSA dans le cadre de la Recommandation (UE) 2017/84.




Seuils d’action

Étant donné que la Commission européenne a estimé que les données disponibles à l’heure actuelle sont insuffisantes pour permettre d’élaborer des dispositions spécifiques (telles que la détermination de teneurs maximales en MOH dans les denrées alimentaires), l’AFSCA a décidé de demander l'avis du Comité scientifique pour disposer d'une base scientifique pour fixer des seuils d'action potentiels et veiller ainsi à la sécurité de la chaîne alimentaire.

L'avis 19-2017 du Comité scientifique propose, pour la fraction saturée des hydrocarbures d'huiles minérales (MOSH), des seuils d'action compris entre 5 et 150 mg/kg d'aliment, suivant le groupe considéré de denrées alimentaires. En ce qui concerne la fraction aromatique (MOAH), les données toxicologiques disponibles à l’heure actuelle sont insuffisantes pour permettre de proposer des seuils d'action. Vu les propriétés potentiellement cancérigènes et mutagènes de certains composants susceptibles d’être présents dans cette fraction MOAH, il est recommandé que l'exposition à ces composants soit limitée autant que possible. C’est pourquoi le Comité scientifique recommande d'utiliser la limite de détection analytique comme seuil d'action.

La limite de détection est la plus petite concentration d’un composant à doser que la méthode analytique est capable de détecter (mais pas de quantifier) avec un bon niveau de confiance. A partir de cette concentration, on peut affirmer que le composant est présent.


Avec cet avis du Comité scientifique, l’AFSCA veut sensibiliser les entreprises à la problématique des huiles minérales présentes dans les denrées alimentaires et leur apporter le soutien scientifique nécessaire pour qu’elles puissent intégrer les dangers potentiels dans leur système d’autocontrôle.

Une déclaration de la Commission européenne en 2020 propose une limite d’action de 1 mg/kg par fraction aromatique de carbones d’huiles minérales (MOAH) dans les préparations de suite et pour nourrissons. Cette limite correspond actuellement au niveau le plus bas qui peut être correctement détecté par les laboratoires européens.




Entreprises et systèmes d’autocontrôle

Si des entreprises constatent dans le cadre de leur système d’autocontrôle que les quantités de MOAH ou de MOSH sont supérieures aux seuils d'action proposés dans l'avis du Comité scientifique ou dans la déclaration de la Commission européenne, elles doivent prendre les mesures nécessaires sur les produits : retirer du marché les produits incriminés et, en cas de risque pour la santé des consommateurs (évaluation de risque préalable), les rappeler et publier un communiqué de presse à destination des consommateurs. De plus, ils doivent identifier l’origine de la contamination et tout mettre en œuvre pour éviter une telle contamination ou pour remédier à celle-ci. Vu qu'il existe de multiples manières, très diverses, pour les huiles minérales de se retrouver dans les denrées alimentaires, une vigilance générale est recommandée.

Si du carton recyclé est utilisé comme matériau d’emballage, une barrière fonctionnelle peut être apposée sous la forme d’un sachet intérieur ou d’une couche intérieure convenant à cet usage, de manière à éviter que les MOH ne migrent du carton recyclé vers l’aliment. Les bonnes pratiques de fabrication sont ici très importantes : il faut par exemple prêter une attention particulière au type d’huiles thermiques utilisées et aux fuites éventuelles, et également veiller à une sélection adéquate des matières premières (par ex. : huiles végétales pour produire des préparations de suite et pour nourrissons) et à une utilisation correcte des additifs et auxiliaires technologiques.

Enfin, il faut également prêter attention à la durée et aux conditions de conservation des denrées alimentaires emballées, etc.




Mesures de l’AFSCA

Les limites d'action établies dans l'avis SciCom 19-2017 (seuils d'action pour les hydrocarbures d'huiles minérales dans les denrées alimentaires) sont reprises dans le document "Inventaire des actions et des limites d'action et propositions d'harmonisation dans le cadre des contrôles officiels".

Comme pour chaque non-conformité, une notification devra être faite par l'opérateur en cas de dépassement de ces valeurs pour des produits mis sur le marché, si un risque est démontré après une évaluation réalisée par l'opérateur lui-même.  

Dans les préparations de suite et pour nourrissons, les MOAH sont présents quand une teneur est analysée à partir de 1 mg/kg de fraction aromatique de carbone (MOAH). Ceci représente un danger pour la santé publique. Si une entreprise constate que cette limite d'action est dépassée, l'entreprise est obligée de le notifier à l'AFSCA.

Dans ce cas, pour garantir un haut niveau de protection de la santé humaine, des mesures sur les produits et des actions correctives doivent donc être prises selon l'article 14 du Règlement européen 178/2002 (aussi appelé "General Food Law") :

  • rappeler les produits incriminés et publier un communiqué de presse à destination des consommateurs et
  • identifier l'origine de la contamination et tout mettre en œuvre pour éviter une telle contamination ou pour remédier à celle-ci.



Liens utiles

Avis de l’EFSA
   
Recommandation européenne
   
Déclaration de la Commission européenne
   
Guide technique sur l’échantillonnage, l’analyse et le rapportage
   
Projet de recherche belge
   
Avis du Comité scientifique
   

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Inventaire des actions et des limites d'action et propositions d''harmonisation dans le cadre des contrôles officiels
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