Afficher cette page en : Français Néerlandais
  RECHERCHER

Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire
Recherche de A à Z
Professionnels > Publications > Communiqués de presse & Communications > Chat illégalement ramené du Pérou...
Communiqué de presse (29/05/2020) Nous suivre sur TwitterNous suivre sur Facebook


Chat illégalement ramené du Pérou: après le refus des autorités péruviennes de reprendre l’animal, les dernières pistes examinées par l’AFSCA en Belgique et aux Pays-Bas s’avèrent impraticables

  Malgré les mises en garde des autorités, une étudiante belge a délibérément et illégalement fait venir son chat du Pérou. Un chat qui est peut-être infecté par la rage, un virus mortel pour l’Homme qui se manifeste parfois jusqu’à 12 mois après l’infection. À différents moments, l’AFSCA a étudié plusieurs alternatives pour ce chat et ce, bien avant qu’il ne quitte le Pérou. Après le refus des autorités péruviennes de le reprendre et après avoir examiné d’autres alternatives en Belgique et aux Pays-Bas, il apparaît malheureusement qu’aujourd’hui, si nous voulons assurer pleinement notre mission qui est de protéger la santé publique et la santé animale, la seule option possible est d’endormir l’animal. La rage tue en effet 55.000 personnes chaque année dans le monde. Après que le Conseil d’Etat ait donné raison à l’AFSCA dans un arrêt du 8 mai 2020, le tribunal de première instance d’Anvers se penchera ce vendredi sur de possibles astreintes à l’encontre de l’étudiante.

L’importation du chat en Belgique n’avait pas été autorisée


Fin mars, la propriétaire du chat avait soumis une demande d’autorisation à l’AFSCA afin de pouvoir ramener en Belgique le chat qu’elle avait adopté au Pérou. Vu le passé incertain du chat, le fait que le Pérou est un pays à risque du point de vue de la rage et que des preuves convaincantes n'avaient pas pu être présentées concernant le fait que le chat été bien protégé contre la rage, l’AFSCA n’a malheureusement pas pu accorder de dérogation aux conditions d'importation. L’ambassade belge n’avait pas non plus donné d'autorisation officielle pour l’importation du chat. Avant le départ, des alternatives avaient cependant été proposées par l'AFSCA. En dépit du refus, la propriétaire est tout de même montée à bord de l'avion avec son chat.


Le fait que le Pérou soit un pays à risque du point de vue de la rage ressort également des informations disponibles dans la base de données World Animal Health Information de l’OIE (Organisation mondiale de la Santé animale). Entre 2017 et 2019, ce sont plus de 300 cas de rage qui ont été notifiés au Pérou et dans la région de Cusco (région d’origine du chat).


Lorsqu’un animal est introduit illégalement en Belgique, trois possibilités sont prévues par la législation européenne. L’animal doit soit être réexpédié dans son pays d'origine, soit placé en quarantaine, soit euthanasié.


D’autres autorités ont été contactées


L’AFSCA a étudié différentes pistes afin d’éviter l’euthanasie. Nous avons contacté l’autorité péruvienne SENASA pour lui demander si l’animal pouvait être réexpédié au Pérou. Pour examiner cette demande, les autorités péruviennes souhaitaient réaliser une analyse de risque. L’autorité péruvienne SENESA a donc demandé à recevoir un certain nombre de documents qui auraient dû accompagner l’animal lors de son départ. Tous les documents que madame Ali avait présentés à l’AFSCA ont été correctement transmis à l’autorité péruvienne. Ces documents ont été considérés comme non officiels et dès lors non acceptables par les autorités péruviennes. La réexpédition a donc été refusée par le Pérou.


Nous avons également introduit une demande visant à transférer le chat vers un centre de quarantaine situé aux Pays-Bas, mais notre demande a été officiellement rejetée. Les autorités néerlandaises ont estimé qu'il existait un trop grand risque pour la santé publique et la santé animale, et que l’animal ne remplissait pas les conditions fixées dans le Règlement européen 576/2013 (mouvements non commerciaux de chats entre États membres). Cette piste a donc également dû être écartée par l’AFSCA.


Quarantaine en Belgique


L’une des questions qui a été posée est de savoir pourquoi le chat ne pourrait pas être mis en quarantaine ici, par exemple au domicile de la propriétaire ou dans un refuge. Cela n’est malheureusement pas possible. Lorsqu’il s’agit d’animaux à haut risque la quarantaine doit être stricte, ce qui signifie que le chat doit être placé en quarantaine dans un établissement agréé où une personne habilitée, équipée de vêtements de protection, prendra soin de l’animal. Il n’existe aucun établissement agréé de ce type en Belgique. En outre, une quarantaine stricte est tout sauf bénéfique pour le bien-être de l’animal.


« Pas de symptômes » ne veut pas dire « pas de rage »


La partie adverse soutient que le chat ne présente pas de symptômes pour le moment et qu’il n’est donc pas infecté par la rage. L’AFSCA souligne encore une fois le consensus scientifique selon lequel il peut s’écouler jusqu’à 12 mois avant que le virus ne se manifeste. De plus, il n’existe aucun test permettant de détecter la rage chez les animaux vivants.


Jusqu’à présent, l’euthanasie reste la seule option


L’AFSCA déplore bien entendu l’attitude totalement irresponsable qui aboutit aujourd’hui à cette issue. Toutefois, nous restons ouverts aux propositions sérieuses. Celles-ci doivent bien entendu respecter les conditions strictes liées à la quarantaine et doivent pouvoir offrir une solution à long terme.


Cependant, après avoir a étudié toutes les alternatives qui se sont présentées jusqu’à présent, il semble que toutes les options aient été épuisées. Dans les circonstances actuelles, l’euthanasie de l’animal demeure la seule option, même si nous regrettons vivement cette situation. Cette décision difficile a été prise en vue de préserver la santé de la propriétaire et de son entourage, ainsi que celle de l’homme et des animaux en général. Elle est soutenue par des experts du monde scientifique.


Steven Van Gucht (chef du laboratoire national belge de référence pour la rage) : « La rage est le virus le plus mortel que nous connaissions, nous ne pouvons prendre aucun risque. Aussi difficile que cela puisse être, l’AFSCA doit appliquer les règles pour tous. (...) Il arrive que la maladie ne se développe qu’après des mois et des mois. C’est pourquoi nous devons toujours partir du principe qu’un tel animal est potentiellement infecté, même s’il a des anticorps et qu’il semble en bonne santé ».


Début mai, le Conseil d’État s’est également prononcé sur la décision de l’AFSCA de faire euthanasier le chat. Le Conseil d’État a donné raison à l’AFSCA, qui a selon lui correctement appliqué la procédure.


Nous tenons à souligner que l’euthanasie d’un animal est toujours notre dernier ressort. Les chiffres des années précédentes le prouvent également. En 2018, 13 chiens et chats ont été euthanasiés à titre préventif sur un total de 183 dossiers. L’euthanasie n’est donc imposée que dans 7 % des cas.


Plus d’informations sur cette affaire :


http://www.afsca.be/professionnels/publications/presse/2020/2020-05-11.asp
http://www.afsca.be/professionnels/publications/communications/2020-05-14.asp
http://www.afsca.be/professionnels/publications/presse/2020/2020-05-15.asp
http://www.afsca.be/professionnels/publications/presse/2020/2020-05-27.asp
http://www.afsca.be/professionnels/publications/presse/2020/2020-05-28.asp





  Personne de contact pour la presse:
Stéphanie Maquoi
stephanie.maquoi@afsca.be
Tél. : 0478 69 57 84
Notre mission est de veiller à la sécurité de la chaîne alimentaire et à la qualité de nos aliments, afin de protéger la santé des hommes, des animaux et des plantes.

Version imprimable   |   Dernière mise à jour le 29.05.2020    |   Haut de la page
Conditions d'utilisation & disclaimer   |   Copyright © 2002- FAVV-AFSCA - Tous droits réservés   |   Extranet