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Communication (14/05/2020) Nous suivre sur TwitterNous suivre sur Facebook


Importation illégale d’un chat en provenance du Pérou et risque d’introduction de la rage en Belgique : l’AFSCA comprend les émotions qui entourent cette histoire et tient à clarifier des éléments essentiels à la compréhension de la situation

  Sauver un animal à l'étranger est une noble intention, mais malheureusement pas sans risque. Il en résulte parfois des choix déchirants. Dans le cas dont il est question ici, cet animal a été rapatrié alors que nous avions bien expliqué à la propriétaire que ce n’était pas possible. Nous avons proposé des solutions. Cette dernière a délibérément décidé de transgresser les règles de santé publique et le seul choix possible aujourd’hui est malheureusement d’euthanasier l'animal. Nous comprenons évidemment que la situation soit difficile pour la propriétaire et nous comprenons également l’émotion que cela suscite au niveau de la population. Il est dommage de prétendre que nous ne nous préoccupons pas des animaux alors qu’en prenant une telle décision, nous veillons à la santé des animaux et des citoyens belges. Pour nous aussi, l’euthanasie est toujours la dernière option.

Feu rouge à l’importation, des alternatives ont été proposées – et ignorées

Avant même son retour en Belgique, la propriétaire a été informée par l'AFSCA et par l'ambassade qu'aucune autorisation ne pouvait être donnée pour emmener son chat en Belgique, dans les conditions connues à l’époque. L’interdiction était donc claire, car le risque que le virus mortel de la rage pénètre ainsi en Belgique était élevé. Certes, elle s’est vu refuser l’introduction du chat en Belgique, mais nous lui avons proposé, en contrepartie, plusieurs alternatives afin qu’elle puisse faire venir son chat par la suite, en toute sécurité. Elle les a ignorées. Malgré ce refus, la propriétaire est donc montée à bord de l'avion avec son chat, avec toutes les conséquences que cela implique.

La rage est un virus mortel pour les humains et pour les animaux. Toutes les précautions sont nécessaires !

La rage est une maladie mortelle transmise par un virus qui est présent dans plus de 150 pays et qui, chaque année, tue plus de 55 000 personnes à travers le monde.
40% des victimes sont des enfants*. Le virus de la rage est sournois, un animal peut être porteur et transmetteur actif du virus 2 semaines avant l’apparition des premiers symptômes sans présenter de symptôme de la maladie et comme il n'existe pas de test pour détecter la rage chez les animaux vivants, le diagnostic est posé trop tard ou pas du tout. Les conséquences sont alors dramatiques car l’homme infecté ne dispose que de 48 heures pour échapper à la mort.
Étant donné l'historique incertain du chat (il a été adopté dans un bar à chats local) et le fait que le Pérou soit un pays à haut risque pour la rage (5 cas ont été signalés l’été dernier à Cuzco, d'où est originaire le chat), le risque d'infection par le virus est réel.

La Belgique doit rester exempte de la rage ! Au prix de nombreux efforts, notre pays est indemne de cette maladie depuis 2001. Cependant, la vigilance reste de mise afin d’éviter des drames : en mai 2019, une jeune femme est décédée en Norvège et, il y a 3 ans, un garçon français succombait aussi à la maladie, tous deux ayant eu des contacts avec un animal infecté durant un séjour à l’étranger.

Il n’existe pas de test fiable pour détecter une infection sur les animaux vivants.

Le chat peut paraitre en bonne santé, mais cela ne veut pas dire qu'il ne peut pas avoir été infecté. Il faut savoir qu’une vaccination n'offre aucune protection pour les animaux qui sont déjà infectés. La rage étant une maladie mortelle, nous devons nous assurer que le virus n’est pas latent. La présence d'anticorps n'est pas suffisante pour le prouver : une confirmation à 100 % ne peut être donnée que par une analyse du cerveau, via une autopsie de l'animal.

Une décision difficile, aussi pour nous.

L’AFSCA a examiné toutes les options, dès les premiers contacts avec la propriétaire du chat. Si l'animal avait correctement été identifié puis vacciné dès son plus jeune âge et s’il avait subi un titrage antirabique (prise de sang) avec confirmation de l’immunité vis-à-vis du virus, on pouvait raisonnablement supposer que l'animal était "sûr". Un autre problème, plus difficile à contourner encore, est l'historique de l'animal, dont on ne sait rien, alors que le Pérou connait une hausse des cas de contaminations par ce virus.

Pourquoi une quarantaine n’est-elle pas possible dans ce cas-ci ?

Une question qui revient régulièrement est de savoir pourquoi le chat ne peut pas être mis en quarantaine ici, par exemple chez son propriétaire ou dans un refuge. Malheureusement, cela n'est pas possible. Une quarantaine, dans ce type de cas, est une quarantaine stricte : l'animal doit être placé en quarantaine dans un établissement agréé où seules des personnes autorisées, portant des vêtements de protection, peuvent prendre soin de l’animal. Aucun organisme de ce type n'existe en Belgique. Ceci dit, une quarantaine stricte est tout sauf bonne pour le bien-être de l'animal.

Nous regrettons profondément cette situation. Nous tenons à préciser que lorsqu'un mandat de visite à domicile est délivré par le juge de police, nous sommes toujours assistés par la police.

Non seulement la propriétaire a décidé de faire entrer un animal illégalement en Belgique, mais elle a elle-même décidé de lui faire courir le risque certain de ne pas pouvoir être régularisé, vu son profil et ses antécédents. Il y a un danger potentiel pour les personnes et les animaux qui ont été en contact avec ce chat, c'est pourquoi il est important de le retrouver rapidement et de le faire examiner. S’il s’avère que le chat est positif, un dispositif de traçage de la population ayant été en contact avec l’animal devra être mis en place, et les personnes concernées devront subir un traitement, en espérant qu’il ne soit pas trop tard.

La prévention est la seule alternative.

L'AFSCA s'engage depuis des années à sensibiliser les voyageurs. Les effets mortels de la rage et les conditions pour voyager en toute sécurité avec des animaux sont régulièrement expliqués au public.
Plus d’informations : https://www.alaloupe.be/vous-preservez-vos-compagnons-de-la-rage-nous-aussi/ et
Voir la vidéo

Vous préservez vos compagnons de la rage ? Nous aussi.


Fin 2007 et début 2008 deux cas ont été détectés dans notre pays. Dans les deux cas, une importation illégale, comme c’est le cas ici. Un chien contaminé qui ne présentait pas de symptômes avait été importé illégalement du Maroc, un pays à risque, comme le Pérou. Lorsque, des mois plus tard, les symptômes sont apparus chez l’animal qui paraissait jusque-là totalement sain, il a fallu traiter une centaine de personnes par une vaccination d'urgence et l'administration d'un antisérum. C'est notamment grâce à la vigilance des vétérinaires concernés et à l'intervention rapide de tous les services (AFSCA et les services de santé publique des autorités fédérales et communautaires) qu'aucun décès n’a heureusement été à déplorer. Nous cherchons absolument à éviter une nouvelle situation similaire en Belgique.


*plus d’infos sur https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/rabies

Notre mission est de veiller à la sécurité de la chaîne alimentaire et à la qualité de nos aliments, afin de protéger la santé des hommes, des animaux et des plantes.

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